• La Vie est un terrain d'expériences.

    Elle offre des possibilités infinies.

    Celui qui explore acquiert ainsi la connaissance.

     

    Je publie ma réponse au texte d'accueil du blog de Zephylyne, "Travesti comprendre"

     

    Bonjour,

    J'aime beaucoup votre avatar. Il est gai et frais. Ses couleurs sont lumineuses comme celles d'un arc-en-ciel.

    Je suis une femme. Je n'ai jusqu'à présent rien lu sur l'expérience que tu abordes. Je trouve très courageux ce blog et la façon dont tu poses les questions, simples et respectueuses.

    Enfant, je voulais absolument être un garçon. J'avais un père qui aurait souhaité être militaire. Il n'avait pas obtenu le concours "d'enfant de troupe". Et a donc fait une autre carrière.

    Nous étions trois enfants. Il aurait souhaité un garçon en lieu et place de la fille que j'étais. Il avait de très hautes exigences sur le plan des performances physiques. Il nous faisait parcourir dans la journée des dénivelés de 1000 mètres dans les Alpes à partir de l'âge de 5 ans. Il attendait de nous que nous ne manifestions aucune douleur quand nous nous étions blessés. Que nous n'évoquions aucune fatigue.

    Je tirais de mon corps le maximum de ce qu'il pouvait donner. Et même plus. Ma mère disait naïvement que j'étais une force de la nature. En réalité, j'aurais fait n'importe quoi pour obtenir un peu d'estime de ce père inaccessible et insatisfait. Je ne tenais aucun compte de la douleur de mes poumons et de mes muscles.

    Il nous mettait dans des situations terrifiantes et dangereuses pour des enfants : traverser des éboulis pierreux sur des sentiers étroits sans accompagnement ou aide quelconque, par exemple.

    J'avais le vertige. Je me suis retrouvée à faire seule une traversée de plusieurs dizaines de mètres d'éboulis. A 4 pattes sur les cailloux tellement j'avais peur.

    Nous avons traversé de nombreux névés, ces immenses plaques de neige glacée que l'on trouve sur les flans des Alpes, en baskets et sans aucune protection. Glisser aurait pu nous être fatal. Après une dégringolade de plusieurs dizaines de mètres, nous aurions atterri dans l'éboulis pierreux. Dans quel état ?

    Un ange gardien devait veiller sur nous.

    Mon père voulait nous aguerrir, encore dans une guerre imaginaire potentielle, dans sa tête d'ancien enfant de la guerre de 39-45 et de militaire frustré.

    Il pensait sincèrement bien faire. Croyait nous protéger.

    A 18 ans, j'ai quitté le domicile familiale.

    Cet éloignement m'a permis d'explorer ma féminité. J'ai commencé à porter des robes. Je me suis affinée.

    Aujourd'hui, en tant que femme, il m'est "permis" par la société, sans être montrée du doigt, de porter des pantalons, de me couper les cheveux comme un garçon, de me servir d'une scie, de rentrer le bois de chauffage.

    Nous avons acquis le droit de vote, le droit de travailler sans demander l'autorisation de notre conjoint, d'ouvrir un compte à notre nom, d'avoir nos propres ressources financières. Nous avons gagné le droit à l'autonomie. Le temps de notre mise sous la tutelle d'un père puis d'un mari alors que nous étions adulte est révolu.

    Nous sommes en train de gagner le droit de diriger des équipes, de présider des associations, de créer notre entreprise. Je dis que c'est en train parce que c'est, encore aujourd'hui, plus difficile aux femmes qu'aux hommes. Nous le payons encore souvent d'humiliations. Nous devons encore souvent faire face au manque de respect, à de la brutalité.

    Celles qui ont le courage d'y aller sont, bien souvent, contraintes d'utiliser les armes masculines qui les empêchent d'offrir la richesse de leur énergie féminine et d'en faire profiter la communauté. Ces femmes sont bien souvent obligées de se "travestir" en homme pour accéder aux postes de direction. Elles deviennent lointaines. Souvent plus dures que les hommes. Tant elle sont pris de coups. Et tant c'est à ce prix qu'elles se font respecter.

    Que des hommes explorent leurs côtés féminins, c'est sans doute, une voie pour une plus grande harmonie intérieure. La recherche de comment ça vit de ce côté là. Et de, qu'est-ce que ce serait d'être né fille.

    Est-ce que cela pourrait permettre à d'autres hommes d'intégrer leur féminité sans peur, avec respect.

    Si cela pouvait être la voie pour sortir des clivages de pouvoir.

    Et si cela permettait à chacun progressivement de développer sans censure toutes ses possibilités.

    Que chacun devienne des êtres complets, unifié, harmonieux, dans l'acceptation de toutes ses composantes.

     

    Bien à toi.

    Marie


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  • L'oiseau assoiffé de verticalité

    Regarde le monde qui chavire


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  • On a tous une fragilité en nous

    Une écaille de poisson fichée dans notre sève

    Un doudou oublié quelque part

    Des cailloux en travers de notre chaussure

    Des non coincés au fond de nos vallées

    Un chaton disparu

    Des larmes comme des piqûres d'abeille

    Une grand-mère aux mains trop rêches et aux poches vides

    Des coups de pieds en guise de câlin

    Un grand frère trop intelligent

    Un nuage posé dans notre ciel

    Un cœur fêlé comme une vieille branche

    On a tous besoin d'Amour

    D'un oiseau qui chante dans notre jardin

    D'un rayon de soleil sur notre prairie

    D'une source gazouillant à l'orée de nos forêts.

    On a tous besoin d'Amour

    On a tous une fragilité en nous qui fait jaillir nos arc-en-ciel

    On a tous au fond de nos armoires

    Sous un tas de mouchoirs oubliés

    Des trésors magiques qui sommeillent

    La montre à gousset d'un grand-père

    L'aquarelle d'un arrière-grand-oncle

    Une dentelle réalisée à la main dans la nuit des temps,

    On a tous enfouis au fond de nous une cabane de jardin

    Construite à l'époque des culottes courtes

    Elle est enfouie loin, très loin

    Les grands l'ont demandé

    On croit que c'est ça de grandir

    Dans la cabane, il y a

    Des jonchées de bonté, une cascade de rire,

    Une grosse marmite d'optimisme

    L'art de créer la beauté,

    Un air de guitare, une mélodie pour mandoline,

    Un tableau rayonnant comme un coucher de soleil sur la mer

    Un chant à faire pleurer les libellules,

    Un poème d'où bondissent des perles d'or

    On a tous au fond de nous une cabane à merveilles

    Un arc-en-ciel à nourrir.


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  • Une jeune femme porte en avant son ventre rond plein d'une vie à naître.

    Ses grands yeux clairs sont lavés de larmes. Son compagnon, le père de l'enfant, vient de lui manifester une indifférence humiliante. Parti au milieu de la nuit, alors qu'elle dormait, il est rentré à 3h du matin et refuse de lui donner une explication, se montrant agressif et méprisant.

    Elle a un mouvement de recul pour l'enfant qu'elle porte, un garçon. Va-t-il, lui aussi, maltraiter les femmes quand il sera grand ?

    Elle se souvient alors des scènes violentes entre son père et sa mère, des petites humiliations quotidiennes réciproques, de la tension palpable et sournoise entre eux. Elle comprend qu'elle reproduit avec son compagnon la relation que ses parents avaient ensemble. Comme ses parents, probablement, ont reproduit.

    Elle pense à son fils, encore tout petit, tapi dans son ventre. Elle sait qu'il perçoit tous ces messages. Elle est honteuse de ce malheur qu'elle transmet à son corps défendant.

    Elle réalise qu'elle ne peut pas se débarrasser de ses ancêtres. Qu'ils lui ont donné des pierres lourdes et douloureuses à porter à côté de talents qu'elle voudrait développer. Elle prend la mesure de cet héritage disparate. Et décide de l'accepter.

    Elle accepte les failles de ses ancêtres, leurs fragilités. Elle sent que les connaitre et les reconnaitre va lui permettre de mieux les maitriser. Cela l'amène à la modestie, à une certaine humilité. Si je peux accepter leurs difficultés, je peux apprivoiser les miennes, me les approprier. Et je peux valoriser mes dons et mes qualités.

    Elle pense avec une immense tendresse au petit enfant à naitre. A un regard de bienveillance vers son compagnon.

     

     


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  • La femme est une oeuvre d'art

     

    Œuvre offerte au Président de l'Association de Qi gong de Saint-Jean-Saverne

    en remerciement de son dévouement aux membres de l'association.

     

     


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  • Les nuages ont revêtu leurs costumes de ciel

    Groupés en rangs serrés, ils déclinent des parcelles d'immensité

    Tableau en kaléidoscope qui habille l'horizon

    Jetant à tout va leurs couleurs rehaussées d'un feston éclatant

    Le ciel a revêtu son costume de nuages

     

    Ciel nuageux clair


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  • Un vieux sage est assis sur le bord de la route, les yeux fermés, les jambes croisées, les mains sur les genoux. Soudain, sa méditation est interrompue par la voix puissante et agressive d'un guerrier.


    "Vieil homme ! Dis-moi à quoi ressemblent le paradis et l'enfer."


    Le sage ne manifeste d'abord aucune réaction. Puis, peu à peu, il ouvre les yeux et esquisse un sourire, face au guerrier planté devant lui, de plus en plus impatient et agité.
    "Tu désires connaitre les secrets du paradis et de l'enfer ? Toi, avec ton allure misérable, avec tes bottes et tes vêtements boueux ? Avec tes cheveux hirsutes, ton haleine fétide, ton épée rouillée ? Toi qui es si laid, tu oses me demander de te parler du paradis et de l'enfer ?"


    Ivre de colère, le guerrier jure méchamment, sort son épée et la lève au-dessus de la tête du vieil homme. Son visage est cramoisi, les veines de son cou sont gonflées par la haine, alors qu'il s'apprête à trancher la tête du sage.


    "Cela, c'est l'enfer" lui dit doucement le vieil homme.


     Le guerrier arrête net son geste et reste bouche bée de stupéfaction, de respect, de compassion, devant cet homme qui a risqué sa vie pour lui prodiguer cet enseignement. Ses yeux s'emplissent de larmes d'amour et de gratitude.


    "Et cela, c'est le paradis", conclut le sage."

     

    Frédéric Lenoir. L'Âme du Monde


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  • Ma première exposition se déroule

    sous le signe de la fête et de la légèreté.

    Je serai heureuse de vous y accueillir.

     

    Exposition artistique les 16 et 17 juillet 2016 à Saverne

     


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  • Mon jardin sauvage accueille généreusement les asters et les achillées millefeuilles blanches. Parterre de milliers de petites fleurs blanches, il ressemble à une prairie nuptiale. Quelques touches de jaune et de bleu se glissent dans l'albâtre végétal.

     

    La danse des papillons

     

    Une envolée gourmande de papillons blancs et noirs dessine des arabesques gracieuses. Assortie à la décoration des intérieurs humains qui ignorent les couleurs. Ils conjuguent le yin et le yang, le principe du féminin et du masculin.

    Depuis que la pluie s'est un peu rangée, ils sont nombreux, très nombreux à poursuivre leur chemin saccadé.  Tantôt à gauche, tantôt à droite. En l'air, en bas. Dans un mouvement fluide et souple. Le demi-deuil et la piéride du chou mêlent leurs blancheurs dans un ballet aérien sans cesse renouvelé. Tantôt myriades en l'air, parsemant la prairie blanche de la blancheur de leurs gracieux flocons virevoltants. Tantôt, invisibles. Disparus mystérieusement.

     

    Papillon pieris brassicae piéride du choux

     

    Le demi-deuil s'esquive à toute volonté de portrait.  Il ne se pose pas. Vivant peut-être d'un nectar subtil flottant dans l'air.

    La légèreté du papillon échappe aux cages.

     

    La danse des papillons pieris brassicae piéride du choux

     

    Tantôt, les ailes blanches entament un duo frénétique qui les aspirent vers le bleu de l'azur. Joutes amoureuses ou complicités spontanées éphémères ? Tantôt c'est un trio ou même un quatuor qui mêle ses pétales animés sur le fond du firmament.

    Puis chacun, reprend le cours de son cheminement solitaire. Simplement. Poudroiement de la prairie. Envol du cœur fasciné.

     

    La danse des papillons  pieris brassicae piéride du choux

     


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  • Tandis que le fleuve roulait ses ordres moraux, arrachant aux rives instables, les derniers lambeaux de dissidence, un vent libéral avait pris en force. Des rafales teigneuses arrachaient au libre arbitre ses derniers remparts, pour les disperser à travers les champs d'honneur.

     

    Au milieu des eaux brunes se noyaient les derniers esprits éclairés. Leurs poumons s'emplissaient de la pensée unique à laquelle ils ne pourraient survivre.

     

    Une lune blafarde crevait avec peine un ciel qui s'embrunissait peu à peu, jusqu'à se fondre avec les eaux fangeuses du fleuve.

     

    Sur la rive, quelques poètes luttaient encore contre le déracinement. Ils se risquaient malgré le vent, à graver sur l'écorce des arbres à palabre, le mot Liberté. Mais la pointe émoussée de leur plume refusait toutes traces.

     

    Le vent passa son dernier coup d'éponge et la Terre devint propre.

     

    En contre bas, l'argent sale honora la fondation d'un village aux maisons toutes blanches et identiques.

    Margimond - Carnet de dévoyage

     

    ...Et la Terre devint blanche. Blanche, dépourvue d'aspérités, sans même un grain de poivre. Telle une orgie d'épuration. Un recyclage extrême jusqu'à l'absence de contraste. Une désertion des contraires. Une tempête de pureté virginale stérile.

    La couleur s'en est allée avec les dissidents dissous dans les remous du fleuve brun. Le gris beige est devenue albâtre. Un monde uniforme d'où rien n'émerge, rien ne se crée, rien ne disparait. Figé dans son unicité terne et aphone.

     

    Dans le blanc du firmament nait un souffle léger d'abord. Se gonflant progressivement non d'importance. Mais de force. Comme une magnifique colère qui enfle. Et dérange l'unité morte. Provoquant de petits gromelos de nuages de nuances ivoires. Des dissidents de blancs qui se teintent de rose et de jaune. Oh légers très légers. Mais tout de même, à ne pas négliger.

     

    Le blanc pisse de trouille et se teinte de vert. C'en est fini du grand décapage radical. L'unité totalitaire sent sa fin approcher. Prend la couleur du deuil. Se pare de rouge violent. C'en est fait de la propreté. Le temps de la différence avec son cortège de différents, d'insolite et de marginal, de conformistes et d'autoritaires, de créatifs et d'originaux se réveille. Paraissant faussement semblable à hier. Assagi par l'expérience de la grande lessive en cours de retraitement...

     

    Les couleurs s'étalent dans une multitude de nuances contrastées et douces. Jaillissement créatif heureux.

    Bleu Ebouriffé

     

     


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