• Le tisserand d'amour

    Quand je suis arrivé en âge de choisir un métier, j’avais déjà une idée de ce que j’aimerais faire et de ce que je ne voulais pas faire. Je n’aurais pas du tout voulu être grignoteur de liberté ni amputeur d’arbres. Voleur de perles d’huître ne m’aurait pas plu non plus.

    En fait j’hésitais entre Papillon semeur de rêves ou Tisserand d’échelle d’amour. Mes amis m’on aidé dans mon choix. 

    « Tu sais bien que tu aimes te mettre en quête de couples amoureux parce que rien ne te fait plus plaisir que de voir des gens s’aimer ».

    Je devins donc tissamour.

    Je commençais mon travail par la rencontre des célibataires. Il était plus efficace qu’ils ne devinent pas l’objet de notre rencontre. Je sortis donc régulièrement en boîte. Ma bonne humeur et une certaine aisance à la danse me permirent d’être intégré facilement dans les bandes de jeunes que je ne connaissais pas.

    Si j’avais voulu ! J’aurais dix Madame Tissamour qui s’occuperaient de moi aujourd’hui, sans me vanter.

    Je discutai avec les uns et les autres pour faire connaissance avec les célibataires. J’apprenais ainsi s’ils étaient heureux de leur célibat ou s’ils se désolaient de n’avoir trouvé l’âme-sœur.

    Je les assortissais au gré de leurs humeurs, au fil de ma fantaisie : un grand, une petite ; un gros, une maigre ; un denté, une nezée ;  un coiffé, une ébouriffée. Ils allaient deux par deux par les chemins riches de leurs différences en chantant le tissamour, avec un, deux, trois petits folâtrant autour d’eux rieurs comme des papillons. Cela faisait des gerbes de couleurs gaies dans la campagne et c’était tous les jours le début du printemps.

     

    « Ils quittent la terreRêve de feu »

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