• Le noir des tranchées saupoudre de papillons blancs les fleurs du chemin

    L'éclat brun des poupées vertes jaillit au cœur de la nuit

    Semée de gravillons, de brisures de verre, de brûlots, de charbon

    Les sentes champêtres exhalent des odeurs d'outre-tombe

    Le rouge-queue, la mésange, l'alouette s'emplissent des frimas de l'automne

    L'hiver s'abat sans bruit dans un silence fracassant.


    2 commentaires
  • Convier le vent à emporter les nuages. Se hausser sur la pointe des doigts de pied, mouillés de rosée, bercés de fraicheur. Regarder là-haut, tout là-haut. L'air pur. La transparence.


    Voir passer l'oiseau d'un jet rectiligne, sans faille. Vif. Tranquille.


    Appeler la bruine, la brume.

    Perdu. Noyé. Incertain, hésitant.

    Confus.

    Sans direction. 

    S'asseoir. S'emplir. Se poser. S'apaiser.


    Héler la rivière. Qui charrie le limon. Roule les boues. Nettoie les rives. Héler la rivière. Regarder la force du courant.

    De gros bouillons détricotent les amoncellements.

    Monter sur un rocher. Laisser passer la crue.
    Évoquer la Source. Boire, se vivifier et se nourrir de lumière.


    Convier le vent à emporter ses nuages. Voir venir l'orage tranquillement. Au-dessus du ciel bas, le soleil nous attend.


    3 commentaires
  • Ce poème a été inspiré par des photos de Rêves de Plume

    Les arbres roulent leur bosse à travers les siècles
    Entassent rides et lichens sur leurs troncs vénérables
    Récoltent les cicatrices de scies intempestives
    Vibrent des racines de la terre à la couronne des cieux
    Accumulent leur sagesse en boules naturelles
    Et l'offre généreusement à qui sait les écouter
    Les arbres présentent leur bosse en offrande au temps.


    3 commentaires
  • L'oiseau assoiffé de verticalité

    Regarde le monde qui chavire


    1 commentaire
  • On a tous une fragilité en nous

    Une écaille de poisson fichée dans notre sève

    Un doudou oublié quelque part

    Des cailloux en travers de notre chaussure

    Des non coincés au fond de nos vallées

    Un chaton disparu

    Des larmes comme des piqûres d'abeille

    Une grand-mère aux mains trop rêches et aux poches vides

    Des coups de pieds en guise de câlin

    Un grand frère trop intelligent

    Un nuage posé dans notre ciel

    Un cœur fêlé comme une vieille branche

    On a tous besoin d'Amour

    D'un oiseau qui chante dans notre jardin

    D'un rayon de soleil sur notre prairie

    D'une source gazouillant à l'orée de nos forêts.

    On a tous besoin d'Amour

    On a tous une fragilité en nous qui fait jaillir nos arc-en-ciel

    On a tous au fond de nos armoires

    Sous un tas de mouchoirs oubliés

    Des trésors magiques qui sommeillent

    La montre à gousset d'un grand-père

    L'aquarelle d'un arrière-grand-oncle

    Une dentelle réalisée à la main dans la nuit des temps,

    On a tous enfouis au fond de nous une cabane de jardin

    Construite à l'époque des culottes courtes

    Elle est enfouie loin, très loin

    Les grands l'ont demandé

    On croit que c'est ça de grandir

    Dans la cabane, il y a

    Des jonchées de bonté, une cascade de rire,

    Une grosse marmite d'optimisme

    L'art de créer la beauté,

    Un air de guitare, une mélodie pour mandoline,

    Un tableau rayonnant comme un coucher de soleil sur la mer

    Un chant à faire pleurer les libellules,

    Un poème d'où bondissent des perles d'or

    On a tous au fond de nous une cabane à merveilles

    Un arc-en-ciel à nourrir.


    3 commentaires
  • Laisser le temps d'hier
    Se perdre dans le courant de la rivière


    Un clin du ciel chante à la treille

    Un nuage léger, léger ombre la table en fer ouvragé

    La brise effleure un bras doucement bronzé

    Un enfant rit dans l'éclat du soleil

    Dans la rivière, la labradorite scintille

     

     


    6 commentaires
  • Le printemps s'essaie à des rires d'été
    Tandis que les larmes de l'azur
    Cachant les sourires de la lune
    S'amusent à colin maillard.
    Je te cherche
    parmi les brins d'herbe
    Y trouve l'araignée
    Et la sauterelle
    Je me mire dans la mare du jardin
    Tes yeux n'y sont pas
    Je hume la brise
    Ton parfum est absent
    Un long cheveux blond
    Accroché au poteau
    Es-ce le tien ?
    J'écoute le vent
    Il me parle de silence et d'absence
    Il se tait. Recroquevillé.
    Sans mots.

    J'arrête une libellule
    Lui confie
    Une attention, une douceur
    Un murmure à son aile gauche
    Près de son cœur, près de sa bouche
    "Si tu la vois,
    Dis lui que je suis là pour elle
    Comme elle est là pour moi."


    6 commentaires
  • Une puissante vague s'élève au-dessus de la prairie rase
    Une dentelle en rondeur borde les larges nappes lissées
    Aux teintes nuancées de gris clair
    Le mouvement autoritaire de l'agrégat accable la végétation malingre
    Le vent modèle la sculpture aérienne se jouant de sa masse
    L’œuvre éphémère bientôt se dispersera
    Jetant quelques perles d'eau sur la terre aride.


    4 commentaires
  • Les longues branches fines du bouleau verruqueux se laissent porter par la danse du vent, dessinant d’harmonieuses arabesques sur le ciel azuréen. Une gigue légère emporte ses feuilles dans une virevolte argentée. Profondément ancré dans la terre, le géant se laisse bercer avec souplesse dans le courant de la vie.


    4 commentaires
  • Dans le souffle du vent, j'entends le rire de l'hirondelle

    Dans le murmure de la vague, j'écoute l'ondoiement de l'algue

    Dans le silence de la pierre, je pénètre la profondeur de la nuit

    La terre s'écrit en hiéroglyphes de feux couleur cristal

    Se dévore à pattes de velours retenues

    Dans le zéphyr d'un ciel d'azur, elle offre le breuvage d'un regard

    Sous ton pas, elle accueille ta fatigue, t'offre une couche de fougère.

    Ses bras se font douceur quand tes ébats sont langoureux

    Elle est forte comme un lion et fragile comme une gazelle,

    Elle a la dureté du granit et la légèreté d'un papillon,

    Elle est insaisissable comme l'eau et palpable comme la peau d'une pêche

    Elle est douce et vulnérable comme un champs de coton

    Elle se donne à toi de toute son abondance

    Elle est douce et vulnérable et elle est offrande à la vie

     

    Mes amis les paysans

    Dimanche 24 avril, je suis allée à une fête paysanne : Rémi, paysan berger maraîcher pouvait prendre la retraite attendue depuis cinq, ayant trouvé Vincent et Marion qui allaient s'occuper après lui des moutons et de la terre.

    Cela fait un an qu'ils préparent ensemble cette passation. Une association "Terre de lien" permet au projet de se concrétiser : elle a acheté la ferme et les terres et loue l'ensemble aux nouveaux fermiers. Sans cette aide, il n'auraient pas eu les fonds pour s'installer.

    L'association fonctionne grâce aux dons et à l'épargne solidaire.

    Ces fermiers et tous ceux qui offraient les fruits de leur travail sur des étals attrayants sont des infirmiers de la terre. Leurs recherches permanentes s’attèlent à nourrir la terre sainement, à offrir  une nourriture de qualité dans le respect de l'environnement.

    Il souhaitent s'affranchir totalement de la dépendance aux structures qui menacent la vie comme EDF et localement la Centrale nucléaire de Fessenheim.

    Ils partagent un esprit créatif et constructif, balayant préjugés, a prioris et certitudes si ce n'est celle de travailler dans l'amour de la terre et le respect de chacun de nous. Les mots qui caractérisent leur communication est transparence, simplicité et humilité.

    Leur syndicat de ralliement est la Confédération Paysanne. Ses valeurs emblématiques sont la solidarité et le partage, le respect de l'environnement et des hommes et s'appuient sur la défense des petites exploitations, loin de la course à la compétitivité.

    Je me sens bien parmi ces paysans qui mettent leur intelligence, vive et créative, leur joie de vivre et leur sensibilité à notre service. Je vous invite à les découvrir. Si le cœur vous en dit, vous pouvez contacter "les Amis de la Conf' " Vous y trouverez peut-être une place bonne pour vous.

     

     


    10 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique